Bien-être
Shinrin-yoku, le bain de forêt : origine et effets reconnus

Shinrin-yoku : en japonais, « bain de forêt ». Derrière ce joli nom se cache une pratique très simple, marcher lentement en forêt en laissant ses sens s'ouvrir, qui a fait l'objet de nombreuses études depuis une trentaine d'années. Voici d'où elle vient et ce que l'on sait aujourd'hui de ses effets.
Une pratique née au Japon en 1982
Le terme shinrin-yoku a été créé en 1982 par le ministère japonais de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche, sur le modèle de « bain de mer » ou « bain de soleil ». L'idée était d'inviter une population de plus en plus urbaine à retrouver le chemin des forêts. Des chercheurs japonais, notamment autour de Yoshifumi Miyazaki, ont ensuite entrepris de mesurer ce que ces promenades produisent sur l'organisme.
Ce n'est donc pas une « tradition millénaire », comme on le lit parfois. La pratique est moderne ; elle s'appuie en revanche sur un rapport à la forêt qui, lui, est très ancien, au Japon comme en Europe.
En quoi consiste un bain de forêt ?
Un bain de forêt n'est ni une randonnée ni une séance de sport. On ne cherche pas à aller loin ni vite. On marche lentement, on s'arrête souvent, et l'on porte son attention sur ce que perçoivent les sens :
- la vue : les nuances de vert, la lumière qui traverse les feuilles ;
- l'ouïe : le vent dans les branches, les oiseaux, le silence relatif ;
- l'odorat : l'odeur des pins, de la terre, du sous-bois après la pluie ;
- le toucher : l'écorce, la mousse, le sol sous les pieds.
C'est tout. Pas de performance, pas d'objectif, sinon être là.
Les effets les mieux documentés
Un organisme qui « redescend »
L'étude de terrain la plus citée a été menée dans 24 forêts du Japon, auprès de 280 jeunes adultes (Park et al., 2010). Chaque participant passait une journée en forêt et une journée en ville, pour comparer. Après une quinzaine de minutes de marche, puis autant à contempler le paysage, les mesures en forêt montraient un cortisol plus bas (une hormone liée au stress), un pouls plus lent, une tension artérielle plus basse et une activité accrue du système nerveux « de repos » (parasympathique).
La tension artérielle
Une méta-analyse a regroupé 20 essais et 732 participants (Ideno et al., 2017). Elle conclut que la tension artérielle, systolique comme diastolique, est significativement plus basse en environnement forestier qu'en environnement non forestier.
Le cortisol
Une autre méta-analyse a passé en revue 22 études (Antonelli et al., 2019). Dans presque toutes, le cortisol baissait davantage dans les groupes « forêt » que dans les groupes de comparaison. Les auteurs relèvent un point important : dans les groupes forêt, le cortisol était déjà plus bas avant la sortie. Le simple fait de savoir que l'on part au calme détend déjà, ce qui rend l'effet propre de la forêt plus difficile à isoler.
L'anxiété et l'humeur
Une revue de 20 études menées en Asie et en Europe (Kotera et al., 2022) conclut que le bain de forêt peut réduire les symptômes psychologiques à court terme, en particulier l'anxiété. Les auteurs demandent des études plus rigoureuses et un suivi plus long.
Ce que « reconnu » veut dire ici
Ces effets sont mesurés et convergents : plusieurs équipes, dans plusieurs pays, observent la même tendance. Il faut pourtant garder trois réserves en tête :
- il s'agit surtout d'effets de court terme, mesurés juste après la sortie ;
- les études portent souvent sur de petits groupes, beaucoup au Japon ;
- « reconnu par la recherche » ne veut pas dire « reconnu comme traitement » : le bain de forêt est une pratique de bien-être, pas un soin, et il ne remplace pas un avis médical.
D'autres affirmations qui circulent, sur l'immunité par exemple, reposent sur des bases beaucoup plus fragiles. J'en parle dans un autre article : Sylvothérapie : ce que dit la science, et ce qu'elle ne dit pas.
Et après la forêt ?
Une promenade en forêt détend ; mais, de retour dans le quotidien, cet apaisement s'efface souvent vite. C'est là que l'hypnose m'intéresse : elle permet d'ancrer cet état de calme (une respiration, un geste, une image) et de le retrouver chez soi par une courte auto-hypnose. Cette association est ma démarche de praticien ; à ma connaissance, aucune étude ne l'a encore évaluée.
Si vous voulez en faire l'expérience, je vous présente le déroulé, les lieux et les formats sur la page Bain de forêt & hypnose.
